Journal d'Ethnopharmacologie 64 (1999) 23-34
Uncaria tomentosa (Willd). DC.-Utilisation de l’Ethnomédicinale et
nouveaux résultats pharmacologiques, toxicologiques et botaniques
Klaus Keplinger a,*, Gerhard Laus a, Martin Wurm b, Manfred P. Dierich b,
Herwig Teppner c
a Immodal Pharmaka GmbH, Bundesstrasse 44, A- 6111Volders, Austria
b Institut fu¨r Hygiene und Ludwig Boltzmann-Institut fu¨r AIDS-Forschung, Uni6ersity of Innsbruck, Fritz-Pregl-Strasse 3,
A- 6020Innsbruck, Austria
c Institut fu¨r Botanik, Uni6ersity of Graz, Holteigasse 6, A- 8010Graz, Austria
Reçu le 3 janvier 1998, reçu dans sa forme révisée le 28 avril 1998, accepté le 16 mai 1998
Résumé
Le système médicinal des Indiens Ashàninka au Pérou est dépeint. Trois catégories de problèmes médicaux et de traitements sont reconnus. La vision d’un homme est interprété comme étant physique et spirituel et qui communique avec l'un et l'autre au moyen d’éléments de règulation. La signification d'Uncaria tomentosa (Willd.) DC. (Rubiaceae), localement connu sous le nom d’Una de gato dans la médecine traditionnelle, nous vient de son utilisation exclusive par des prêtres pour influencer ces éléments.Les résultats pharmacologiques et toxicologiques obtenus avec des extraits ou des composants isolés sont récapitulés. Les alcaloïdes oxindoles pentacycliques stimulent les cellules endotheliales in vitro pour produire un facteur de régulatuion de proliferation des lymphocytes. Les alcaloïdes oxindoles tetracycliques agissent comme des antagonistes. Une normalisation significative du taux de lymphocyte a été observée in vivo bien que le nombre total de leucocytes n'ait pas changé. © 1999 Elsevier Science Ireland Ltd. Tous droits réservés.
Mots-clés : Uncaria tomentosa; Una de gato; alcaloïdes oxindoles; prolifération de Lymphocytes; Ashaninka; Perou
1. Introduction
1.1. Général
Au Pérou, environ 60000 Indiens Ashaninka vivent dans le triangle entre les rivières Pichis-Palcazu, Ucayali et Perene-Tambo. Tout au long de notre intérêt de longue date pour leur culture (Keplinger, 1993a, b) et leurs plantes médicinales, nous avons récolté des informations plus particulièrement sur les particularités d’une vigne qui monte très haut dans la forêt tropicale humide, l‘Uncaria tomentosa (Willd). DC. (Rubiaceae). À cause de ses crochets courbés, les espagnols l’appellent l’una de gato : ce qui se traduit en français par "la griffe du matou". Les rumeurs de guérisons miraculeuses dont on en a aperçu les premiers signes il y a un quart de siècle. Avant 1997, plus de 50 producteurs de régimes alimentaires aux Etats-Unis offraient les produits Cat’s Claw. Les applications thérapeutiques pour les abcès, l’arthrite, l’asthme, le cancer, les effets secondaires de la chimiothérapie, la contraception, la prévention de la maladie, la fièvre, l’ulcère de l'estomac, l’hémorragie, les inflammations, les irrégularités de la menstruation, le recouvrement de la maman après la naissance d’un enfant, le rhumatisme, les impuretés de la peau, les inflammations urinaires, des coups de fatigue et des blessures ont été confirmés. Les scientifiques péruviens ont pointé du doigt le fait que deux espèces d’Uncaria sud-américaines, l’U. tomentosa et l’Uncaria guianensis (Aubl). Gmel., sont souvent confondus entre eux (Lock de Ugaz et Callo, 1991; Obregon-Vilches, 1994). Plusieurs livres sur ce sujet ont été publiés (Cabieses, 1994; Jones, 1995; Schauss, 1996). Des tentatives ont été faites pour identifier les composés potentiellement thérapeutiques de la vigne.
Nous avons constaté qu'il y a en réalité deux chémotypes d'U. tomentosa (Laus et al., 1997), un constat qui a été ignoré par la plupart des fabricants.
Nos dernières découvertes ont montré les effets spécifiques des cellules cibles des alcaloïdes oxindoles de la racine d'U. tomentosa. Désormais nous souhaitons faire un rapport sur l'état actuel des cas mais aussi récapituler les résultats appropriés des autres groupes de travail et des deux études toxicologiques jusqu'ici non publiées.
1.2. Les alcaloïdes et les autres constituants
Dans le premier rapport sur ces constituants, il est dit que les feuilles et les tiges de l’U. tomentosa peuvent contenir le rhynchophylline, l’isorhynchophylline, les alcaloïdes principaux, le mitraphylline, l’isomitraphylline, le dihydrocorynantheine, l’hirsutine et l’hirsutéine avec leurs oxydes-N. De plus, dans le rotundifoline et l’isorotundifoline, le rapport constate que les alcaloïdes sont secondaires grâce à la démonstration faite à partir d’un échantillon d'herbier (Hemingway et Phillipson, 1974; Phillipson et al., 1978). La présence des ptéropodines alcaloïdes stéréoisomeriqies, des isoptéropodines, des speciophyllines, des uncarines F et des isomitraphyllines dans l'écorce de "l’una de gato" (U. tomentosa ou U. guianensis) a été annoncé (Montenegro de Matta et al., 1976). Ces dernières années plusieurs HPLC analytiques et méthodes CE ont été développés (Stuppner et al., 1992a, b et Laus et Keplinger, 1994) ce qui ont permis de confirmer la présence de six pentacycliques et dans des cas exceptionnels, de deux alcaloïdes oxindoles tétracycliques qui ont un statut d’alcaloïdes fondamental à l’intérieur des racines. Récemment, un prétendu rapport sur l'extraction de bioxyde carbonique de la racine de l’U. tomentosa a été publiée, bien que le stéréoisomérie ait été ni distingué, ni quantitativement déterminé par GC/MS et HPLC/MS (Lopez-Avila et al., 1997). Les méthodes pour le contrôle de qualité des alcaloïdes et flavonoides dans l'écorce par le TLC ont été présentées (van Ginkel, 1996;Laus et Keplinger, 1997). Par l'analyse d'une collection de 16 plantes individuelles, nous avons établi l'existence de deux chémotypes d'U. tomentosa, un contenant des pentacycliques, l'autre contenant des indoles tetracycliques et des alcaloïdes oxindoles dans divers parties de la plante (Laus et al., 1997). Ces alcaloïdes sont récapitulés dans le Tableau 1. Huit glycosides acides quinoviques, quatre triterpenes polyhydroxylées, 5α-carboxystrictosidine alcaloïde précurseur, de l'acide oleanolicque et de l'acide ursolique ont été isolés par un groupe de recherche italien à partir de l'écorce de la racine (Cerri et al., 1988; Aquino et al., 1989, 1990 et Aquino et al., 1991). Le β-Sitosterol, le stigmasterole et le campestérole ont été identifié dans la fraction de stéroïde d'un extrait de l'écorce (Senatore et al., 1989).
1.3. Isomerization d'alcaloïdes oxindoles
Les alcaloïdes oxindoles Spiro isomérisent dans des solutions aqueuses pour donner des mélanges d’isomers dépendants à la pH.
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Tableau 1 |
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Alcaloïdes de l’Uncaria tomentosa (Wild.) DC. |
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Alcaloïdes pentacycliques |
Alcaloïdes tétracycliques |
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Alcaloïdes oxinsoles |
Pteropodine |
Rhynchophylline |
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Isopteropodine |
Isorhynchophylline |
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Speciophylline |
Corynoxeine |
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Uncarine F Mitraphylline Isomitraphylline |
Isocorynoxeine |
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Alcaloïdes indoles |
Acuammigine |
Hirsutine |
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Tetrahydroal- |
Dihydrocorynan- |
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stonine |
théine |
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Isoajmalicine |
Hirsutéine Corynanthéine |
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Le mécanisme proposé implique une ouverture d'anneau de rétro-Mannich, une rotation et une fermeture d'anneau de Mannich. L'isomérisation est ralenti par la protonation et la polarité diminuante du solvant. Une corrélation logarithmique fortement satisfaisante entre les coéfficients de taux et le paramètre de polarité du dissolvant Dimroth-Reichardt a été obtenue. Ces résultats soutiennent l'existence d'un intermédiaire zwitterionique (Laus et al., 1996, Laus, 1998). Bien sûr, ce comportement empêche sérieusement l'évaluation pharmacologique des isomers simples. Par exemple, le spéciophylline ne peut pas être utilisé dans un test d’une durée d’une semaine parce que sa concentration baisse de 5 % de sa valeur initiale après seulement 2 h à 37°C et cela entraîne le fait que les autres isomers apparaissent à la place du spéciophylline.
1.4. Augmentation de phagocytosis
Des extraits et des alcaloïdes purs ont été testés grâce à l’utilisation d’un test de frottis de granulocyte, un modèle de chémoluminescence et un test de dégagement carbonique in vivo pour évaluer l'effet de stimulation sur l'activité phagocytaire des granulocytes. Le nombre de phagocytosis a été augmenté grâce au ptéropodine, à l’isomitraphylline et à l’isorhynchophylline. La stimulation la plus forte a été observée avec l’isoptéropodine tandis que le mitraphylline et le rhynchophylline n'avaient aucun effet. Avec le test de dégagement carbonique in vivo, l'activité a été observée seulement après le mélange de catéchine et d’autres alcaloïdes inactifs (kreutzkamp, 1984 ; Wagner et al., 1984 et Wagner et al., 1985).
1.5 Activité antiviral des glycosides d'acides quinoviques
L'activité antivirale des six glycosides d’acides quinoviques d'U. tomentosa ont été testés avec deux infections aux virus A.R.N. (le virus stomatitis vésiculaire et le rhinovirus 1B) dans, respectivement, les cellulles CER et les cellules HeLa.
Un effet inhibiteur contre l'infection VSV a été observé pour tous les six glycosides aux valeurs MIC50 de 20-60 mg/l. Au contraire, seulement un composé d’acide quinovique –β–D-gluco- pyranosyle-(28→1)-β-D-glucopyranosyle avec une position non définie du lien avec le glycosidiqie, a réduit l'effet cytopathique du rhinovirus 1B de 50% à 30mg/l (Aquino et al., 1989).
1.6. Activité anti-inflammatoire d’un glycoside d’acide quinovique
Plusieurs extraits et fractions de l'écorce de la racine de l’U. tomentosa ont été testés pour l'activité anti-inflammatoire à l’aide de l'oedème de patte de rat. Un nouveau glycoside d’acide quinovique a été isolé en tant qu’un des principes actifs. L’acide quinovique -3-β-O-(β-D-quinovopyranosyl) - (27→1)-β<